À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes, le Réseau de Médias Communautaires de Centrafrique (RMCC), en collaboration avec l’Ambassade de France et celle des États-Unis, a organisé, le mardi 5 octobre, au sein du stade de 20 000 places, une conférence-débat destinée aux professionnels des médias et aux étudiants du Département des Sciences de l’Information et de la Communication (DSIC), ainsi qu’à d’autres instituts universitaires privés.
« Le thème de cette année, qui résonne profondément dans la réalité centrafricaine, est : ‘Sécurité des journalistes en période de crise et en situations d’urgence’. La portée de cet événement, célébré en différé par le RMCC le 5 novembre, vise d’abord à rappeler aux journalistes l’importance des règles et principes de leur métier. Cette rencontre a également souligné l’importance de sensibiliser le public aux dangers de la désinformation. Il a été question de conscientiser les journalistes centrafricains sur les risques auxquels ils font face et de les exhorter à adopter des actions significatives contre l’impunité dont bénéficient encore ceux qui commettent des crimes contre les professionnels des médias dans le monde.
Au cours de cette conférence-débat, de nombreuses thématiques ont été abordées, y compris celle du président du Haut Conseil de la Communication (HCC), M. Richard Pouambi, dont le thème était : ‘Vérification des faits : une mesure efficace pour lutter contre la recrudescence des fake news, origine des crimes contre les journalistes’. Cet échange a permis aux étudiants souhaitant embrasser le métier de s’informer sur les valeurs et défis de la profession.
Une autre séquence de cette rencontre a été centrée sur les textes juridiques relatifs aux crimes commis à l’égard des journalistes dans l’exercice de leur profession, animée par Gervais Voyemacoa, ainsi que sur les avantages de la documentation des œuvres journalistiques de la Maison de la Mémoire.
À cette occasion, le coordonnateur du Réseau des Médias Communautaires de Centrafrique a lancé un concours de podcasts, avec l’appui de l’Ambassade de France à Bangui, à l’intention des jeunes étudiants en journalisme et de tous les journalistes centrafricains. Cette initiative vise à renforcer la voix des jeunes journalistes, à encourager la créativité et à rendre hommage aux acteurs courageux de l’information. Pour ce concours, un jury sera mis en place pour analyser les différents reportages de proximité, et la remise officielle des prix aura lieu le 13 février 2025, à l’occasion de la Journée mondiale de la radio.
Parallèlement, le RMCC a mis en place le projet des vérificateurs communautaires, soutenu par l’Ambassade des États-Unis. Ce projet, qui favorise la collaboration, rassemble des organisations de la société civile, des autorités locales, des journalistes et des citoyens soucieux de lutter contre la désinformation et la mésinformation. La question de la redevabilité, qui sera également au cœur de ses actions, vise à faire le suivi des programmes et projets mis en œuvre en Centrafrique.
Ainsi, cette plateforme recueille les avis des bénéficiaires et informe le public sur la situation, garantissant ainsi une transparence essentielle pour bâtir la confiance.
« Nos initiatives se concrétiseront à travers trois canaux de communication dynamiques : le journal *Kolokoto* en version audio diffusé par les radios communautaires, une édition papier hebdomadaire, et notre site web www.kolokoto.com. Ces supports permettront de renforcer l’accès à l’information vérifiée et de stimuler le dialogue au sein de nos communautés, » a déclaré Rémy Djamouss, coordonnateur du RMCC.
Cette journée de conférence-débat a ainsi été un appel vibrant à la défense de la presse, au soutien des journalistes et à la lutte contre l’impunité des crimes qui les visent, rappelant à chacun que la liberté de la presse est, plus que jamais, le reflet de la liberté d’une nation. Il est également crucial de noter qu’entre 2003 et 2015, environ une dizaine de journalistes ont été assassinés, et d’autres ont perdu la vie après avoir été violemment agressés.
